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[ASSOCIATION] African Riddim : une vie meilleure de fil en aiguille

African Riddim, la fameuse marque ponténégrine de sacs et accessoires de décoration, fête cette semaine ses 2 ans d’existence. VivreAuCongo vous fait découvrir les coulisses de cette association remarquable, tant par la beauté de ses produits que par sa vocation sociale.

Un jardin fleuri par une belle journée ensoleillée, des voix de jeunes filles mêlées de rires résonnent dans une petite cour intérieure. Six jeunes filles et un jeune homme sont attablés devant machines à coudre et piles de pagnes, évoluent entre les tables de découpes et de couture. Il règne ici une ambiance détendue mais le travail va bon train.

 

Nous voici au cœur de l'atelier de l'association African Riddim, née en 2015 de la rencontre de trois femmes aux parcours différents et complémentaires, désireuses de s’engager totalement à la création d’un atelier d’insertion socio-professionnel auprès de jeunes en grande difficulté. À travers l’apprentissage de la couture, elles souhaitent offrir à ces jeunes gens l’opportunité d’avoir un projet professionnel, mais aussi et surtout un projet de vie.

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Comme à l’accoutumée, Catherine, Françoise et Gaëlle supervisent les travaux d'un œil expert et bienveillant, mesurant l'ampleur du chemin parcouru par ces filles – et un jeune homme- au passé mouvementé, qui ont saisi les opportunités qui se sont présentées à elles et se sont choisies une nouvelle vie, loin de la rue et de ses difficultés. Chadrine nous dit : « Je suis heureuse et fière de ce que j’accomplis ici. Quand je travaille, mon cœur et ma tête sont légers, j’oublie le passé et vois un chemin devant moi ».

Repérées par l'ONG Actions de Solidarité Internationale (ASI) qui leur ont proposé de suivre une formation (équivalente à un CAP) en soudure, en mécanique ou encore en couture, ces jeunes ont bâti pierre par pierre leur projet professionnel et sont en bonne voie d’insertion professionnelle.

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Bien entendu, tout cela ne s’est pas fait sans heurts ni échecs. « Nous avons dû faire face à des problèmes de langues, au manque de qualification ou à la difficulté de se créer un projet professionnel à long terme, un projet de vie… Toutes les couturières ici ont aujourd’hui mûri et s’entendent bien. Il y a une forte cohésion de groupe, et l’ambiance de travail est bonne, mais cela s’est parfois fait dans la douleur. »

African Riddim est un véritable tremplin professionnel pour ses bénéficiaires.  L’objectif de l’association est de responsabiliser ses jeunes et de les rendre autonomes rapidement. Tous fabriquent eux-mêmes les accessoires de mode et de décoration, entièrement réalisés avec des matériaux locaux, développant ainsi leur savoir-faire et leur créativité.

« Mon rêve à moi c’est de devenir une très bonne couturière, de visiter les pays autour et de créer des modes. J’apprends ici à travailler avec soin, et à voir comment mélanger les couleurs et les tissus. Ça me donne beaucoup d’idées, et je commence à faire de jolis habits pour ma fille, elle est belle et bien mise et ça me remplit de joie. » Joliette

Les couturières viennent travailler en moyenne trois journées par semaine, une manière pour elle de rythmer leur existence, à l’instar du nom de la marque pour laquelle elles s’investissent aujourd’hui, African Riddim, signifiant rythme en patois jamaïcain.
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Dieu-veille nous glisse que « depuis que je viens ici, je dis à ma sœur tous les jours qu’il faut travailler, apprendre, que ce n'est pas bon de rester à la maison à trainer comme ça. On peut faire des choses belles comme ici. Je suis fière car aujourd’hui je suis un modèle pour les filles du quartier. »

Le bilan des deux premières années d’existence d’African Riddim est très positif. Deux couturières ont déjà réussi à ouvrir leur propre atelier et s’apprêtent à voler de leurs propres ailes après avoir bénéficié de formation de l’IECD (alphabétisation, gestion, etc.). L’une d’elles accueille d’ailleurs une autre jeune fille en réinsertion.

« Ici je suis heureuse, et même dehors aussi. Je gagne de l’argent, je n’ai pas besoin de chercher des maris pour vivre. J’ai le pouvoir de ma vie, les filles aussi peuvent bien vivre, je leur montre ça et je suis forte.» Florine

Aujourd’hui, African Riddim s’inscrit dans le paysage ponténégrin comme un projet innovant, humain et solidaire. En plus d’être une marque équitable, c’est une main tendue à tous ces jeunes qui poussent les portes de l’atelier de création comme on pousse les portes d’un avenir meilleur.