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Alors on lit quoi ? #chapitre 1

Nouveauté, VAC se propose de vous donner des conseils de lecture, et quoi de mieux qu’Alain Mabanckou et ses Lumières de Pointe Noire pour commencer ? 

Il s’agit là d’un roman autobiographique où l’auteur nous ouvre sa petite valise fondamentale, celle des souvenirs de son enfance et son adolescence à Pointe-Noire, d’où il est natif. Cela après vingt-trois ans d’absence et surtout le décès de sa mère, Pauline Kengué, qui reste le thème principal du livre tant l’on ressent l’adoration d’un fils unique pour sa mère.

C’est aussi un roman de rencontres, celles, tour à tour, des nombreux membres de sa famille – cousins, cousines, oncles et tantes ... - et par ce biais, le lecteur plonge dans la vie congolaise au quotidien, les méandres des relations familiales et la difficulté pour « l’enfant prodigue » de faire son come-back, lui qui a fui, lui qui a abandonné, lui qui n’a pas assisté aux funérailles de sa mère… 

Et de mesurer la complexité des rapports humains, entre tradition, décence, regret, avidité ou manipulation : l’attitude à adopter par les uns ou les autres, face à l’écrivain devenu célèbre et supposé fort riche, est toute en contrastes, tantôt savoureux, parfois accablants... 

Enfin, Lumières de Pointe-Noire, charmera les amateurs de cinéma et de photographie. Les chapitres sont des allusions à des titres de film, l’univers cinématographique maintes fois évoqué par les références du Rex. Et les images se bousculent, au gré des pérégrinations de l’auteur : Côte Sauvage, Fond Tié-Tié, le quartier Trois-Cents… autant de clichés, au sens visuel du terme, sur cette ville natale qui a assurément forgé la personnalité et l’écriture d’Alain Mabanckou qui le dit lui-même, Lumières sur Pointe-Noire est une clé de lecture pour son œuvre entière, pour sa vie aussi. 

Un livre qui mérite aussi de prendre des notes : « N’oublie pas que l’eau chaude a été froide » n’est-elle pas une leçon de vie à appliquer … 

Enfin, une lecture éclairante et teintée d’émotion surtout dans les dernières pages où l’on ressent une certaine nostalgie à l’approche du départ. Alain Mabanckou est assurément un important porte-parole de la littérature africaine. 

Sans hésitation, un livre à déguster, idéalement en profitant des luminosités de Pointe-Noire… 

Hélène Blary Buissart