Accueil / Le pays / Culture / Musique, danse et théâtre

Musique, danse et théâtre

La musique et la danse

musique-et-danseLa musique congolaise est celle qui s'est le plus propagée dans toute l'Afrique, sous de multiples dénominations : jazz congolais, Congo Music, rumba ou soukouss, musique de danse qui mêle les formes occidentales (rock, etc.) et les rythmes antillais.

En marge du soukouss, un musicien comme N'Zongo Soul renoue avec le walla, un des rythmes traditionnels du peuple kongo.

Danses et musiques traditionnelles

La musique comme la danse au Congo sont  omniprésentes, métissées, communautaires, sacrées ou festives. La naissance, les funérailles se célèbrent en musique et en dansant. Chaque région possède sa propre danse (ex la danse sur échasses du Niari). Mais l’on distingue deux grandes influences : la danse traditionnelle kongo (pirouette physique  du bassin et bas du corps) et la danse m’bochis (mouvements des épaules et haut du corps) tandis que les danses téké allient les deux.

Le Ballet national du Congo puise dans la tradition des tableaux dansés.
Les nouvelles générations de danseurs et chorégraphes ont à cœur de mettre en avant les danses traditionnelles si révélatrices de la vie au Congo. Nous pouvons prendre en exemple la troupe du ballet Thierry ancien danseur de Monana (troupe tendance avant le conflit de1997) qui a gagné le prix RFI en 2001.

Danses et musiques urbaines

jazz-basangoLe colonialisme a joué un rôle essentiel dans le développement des danses et musiques urbaines. Dans les années 1920 des petits groupes locaux animent les soirées des colons. Ils jouent sur de nouveaux instruments inconnus jusqu’alors des congolais. C’est la naissance de nouveaux sons et rythmes, le métissage des tam tam traditionnels et des  trompettes européennes. L’émergence de groupes musicaux et du dancing où ils se produisent marque le début de la musique populaire congolaise.

La reine des danses : la rumba

L’ambassadrice du groove made in Congo. Sensuelle, vénérée elle anime les nuits endiablées congolaises. La rumba cubaine a puisé ses origines dans les danses pratiquées par les esclaves noirs déportés à Cuba. Sa sensualité se serait inspirée des danses de la fécondité. Dansée jusque dans les années 80 celle-ci a pris de nouvelles nuances avec le soukouss ou ndombolo.

Artistes d’hier et d’aujourd’hui et des 2 Congos

bantous-de-la-capitale1bantous-de-la-capitale2Les Bantous de la Capitale

Il y a bientôt 55 ans naissait (15 août 1959) au Bar-dancing « Chez Faignond » à Brazzaville, l’un des orchestres les plus prestigieux d’Afrique : "Les Bantous de la capitale". Très vite, l’orchestre va être la fierté et le porte étendard, pendant plusieurs années, de la musique congolaise à travers l’Afrique et dans le monde.
Au fil des ans, Les Bantous vont apparaître comme l’une des fondations les plus sûres de la musique congolaise dans les deux Congo et va s’imposer comme une véritable «école» de la musique d’où sont sortis de grands noms de la musique congolaise, en marge du fait d’avoir réussi à exporter son genre typique, tradi-moderne et ses danses : « Boucher », « Kiri kiri », « Beke yeke » et « Soukous ».

Papa Wemba

Ce chanteur né en 1949 au Congo Kinshasa est une star au Congo Brazzaville et un véritable phénomène en Afrique et dans le monde. Sa formation Zaïko Langa Langadevient très vite, dans les années 70, la figure de proue d'une génération de jeunes zaïrois qui trouve la rumba traditionnelle un peu trop lente et un peu désuète. Ils remplacent les instruments à vent par une batterie, et électrisent une musique qui avait besoin de renouvellement. Le succès est immédiat. Très vite, Papa Wemba devient une vedette et domine son groupe.

Connu au japon où il a enregistré, travaillant en Angleterre avec Peter Gabriel, Papa Wemba est aussi connu en Europe comme le prince, le "pape" de la SAPE, la Société des Ambianceurs et des Personnes Élégantes.

Passi

Le chanteur né en 1972 a grandi à Brazzaville avant d’arriver en France en 1979. Il grandit à Sarcelles, en région parisienne, où il s'initiera au rap et au funk. Passi fonde aux débuts des années 1990 Ministère Amer avec son complice de toujours Stomy Bugsy.

Il concrétise son projet de réunir les rappers originaires du Congo pour un album mêlant pour la première fois rap et musique africaine.
Véritable All Stars du rap français, Bisso Na Bisso réunit Passi, M'Passi (Melgroove), Ben-J (Neg'Marrons), Mystik, Calbo (Ärsenik), Lino (Ärsenik), G-Kill (2 Bal) et D.O.C. (2 Bal). En 1999, Bisso Na Bisso sort enfin son premier album : Racines... On y retrouve, entre autres, Tanya St Val, Koffi Olomide, Ismaël Lo, Jacob Desvarieux (Kassav), Papa Wemba, Diego Paelez... Bref à peu près tout ce que l'Afrique et les Antilles possèdent comme stars. Le projet, réunissant pour la première fois dans l'histoire du rap français plusieurs générations, est un gros succès commercial (plus de 150.000 albums vendus).
Depuis, Passy a entamé une carrière en solo, fait un duo avec Calogero, eu des déboires judiciaires et a été membre du jury de la Star Academy.

Sources : RFI Musique ; Afrik.com

Le théâtre

sony-labou-tansiLe théâtre moderne fait son apparition dans les années 50 à Brazzaville capitale de l’Afrique Equatoriale Française à l’époque. Très calqué sur le modèle européen il s’adresse à l’élite, les pièces étant présentées en français puis le théâtre se développe rapidement sous l’impulsion des missionnaires chrétiens. Des groupes de théâtre se créent dans les quartiers populaires et le mélange entre les formes théâtrales traditionnelles et la scénographie occidentale va devenir la norme. Le théâtre devient militant et plaide pour l’émancipation des peuples, la justice et le progrès. On peut citer les textes de Guy Menga (la marmite de Koka Mbala), de Sylvain Bemba (Une eau dormante), de Tchicaya U Tam’si (le Zulu), de Sony Labou Tansi (Antoine m’a vendu son destin) et de Caya Makhele (la danse aux amulettes).

En 1965, à Brazzaville, deux troupes qui se démarquent des autres, le théâtre d’Union Congolais (le TUC) et l’ASTHECO (Association du théâtre congolais), fusionnent dans le Théâtre national congolais. À côté de Guy Menga et Sylvain Bemba et Tchicaya U Tam'si, on peut citer les poètes M. N'Debeka (le Président, 1970), Patrice Lhoni (l'Annonce faite à Mukoko), Ferdinand Mouangassa (Nganga-Mayala, 1968), etc.

Dans les années 70, le milieu scolaire s’approprie la culture théâtrale. L’ancienne Alliance française devient le Centre de Formation et de Recherche d’Art Dramatique (CFRAD).

Les années 80 sont considérées comme l’âge d’or du théâtre au Congo tant il y avait une explosion de troupes théâtrales. Parmi ce nombre impressionnant de troupes, trois dominaient tellement la scène qu’elles se virent attribuer par envie ou par dérision le sobriquet de SOMADO, acronyme formé à partir des noms Sony, Matondo, Dongala. Sony Labou Tansi avec le Rocado Zulu Théâtre, Matondo avec le Théâtre Ngunga, Dongala avec le Théâtre de l’Eclair.

Depuis, Emmanuel Dongala s’est exilé aux États-Unis (1997), Sony Labou Tansi et Sylvain Bemba sont morts (1995) et la guerre est passée par là.

Pour aider le théâtre congolais à se relever, Matondo Kubu Ture président de l’Association Nouvel’Art s’associe en 99 avec le centre culturel français de Brazzaville pour animer tous les derniers jeudis du mois une activité culturelle baptisée « un mois, un auteur ».

Aujourd’hui, pour paraphraser Abdon Fortune Koumba,  « le théâtre congolais semble être dans la résistance. Ceux qui en ont fait leur métier sont souvent obligés d’aller jouer en Europe pour essayer de vivre de leur métier. »
Très peu de personnes, encore moins les jeunes, ont accès aux livres, trop chers, et réservés à l’élite. Sans compter le fait qu’aucune industrie du livre n’existe réellement. « C’est difficile de faire lire et passer un message auprès de gens qui passent 98% de leur vie à chercher à manger et à survivre » reconnaît Julien Mabiala Bissila.

julien mabiala-bissilaComédien, metteur en scène et auteur congolais de Brazzaville, Julien Mabiala Bissila est resté à Brazzaville pendant la guerre et a choisi de s’en inspirer pour questionner l’homme, interroger la langue, pour mieux traduire la réalité.
Il donne corps dans sa pièce Crabe Rouge (1) à la parabole de la guerre et de la vie qui fait parler les morts, à ce verbe viscéral qui ose tout, de la dérision à la profession de foi libre.

dieudonne-niangounaMalgré les difficultés, des artistes persévèrent et continuent à produire, diriger et jouer. Outre Sorel Boulingui qui monte, le Congo peut encore compter sur Dieudonné Niangouna*, Felhyt Kimbirima, Arthur Batouméni, Ludovic Louppe et Abdon Fortune Koumba et leur association Noé culture qui organise depuis 2003 le festival Mantsina sur Scène à Brazzaville.

(1) L’Afrique qui vient, anthologie présentée par Michel Le Bris et Alain Mabanckou, éditions Hoëbeke.

* Dieudonné Niangouna, le Directeur du festival international Mantsina sur Scène a été l’artiste associé du festival d’Avignon en 2013. 

www.vivreaucongo.com est un site d'informations indépendant géré par une équipe bénévole qui s'adresse à tous les expatriés du Congo.

Ce site est le vôtre et il ne peut exister que grâce à votre contribution.
N'hésitez donc pas à nous transmettre des modifications, ajouter des informations, ou toutes autres remarques pour son amélioration !

Pour nous contacter : info@vivreaucongo.com.