Par Carole R. , le vendredi, 26 mai 2017

Le monastère de Loango

Le monastère de Loango

Un brin d'Histoire

C’est en 1882 qu’arrivent à Loango des missionnaires catholiques, des prêtres de la Congrégation du Saint Esprit (ou Spiritains). « Depuis 1876, le roi  et les habitants de Loango demandaient aux missionnaires de s’établir chez eux. M. de Brazza considérait Loango comme point de départ de ses explorations vers le haut Congo. Les navires français y trouvaient un excellent mouillage et une rade toujours tranquille. Telles sont les raisons qui poussent les missionnaires à fonder la mission de Loango».

Petit à petit, soutenus par l’envoi régulier en mission de frères et sœurs Spiritains, ou de religieuses de Saint Joseph de Cluny, le nombre de catholiques augmente.  Ils sont ainsi  9 000 en 1921, et plus de 50 000 en 1945. Ecole, séminaire, dispensaire, les Spiritains sont très engagés auprès de la population.

Toutefois, cela n’était pas suffisant. Monseigneur Jean Baptiste Fauret, l’évêque de Pointe Noire, désirait installer un monastère à côté de son petit séminaire de Loango. De son côté, la supérieure du monastère de la Visitation de Mâcon, désirait une fondation en Afrique. De leur rencontre en 1962 est né le projet du monastère de la Visitation, dont les moniales se voient confier une mission  particulière : prier pour les vocations des futurs prêtres du petit séminaire de Loango.

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En octobre 1964,  après un voyage d’exploration, cinq religieuses françaises embarquent à Marseille sur le paquebot « Mermoz » pour le Congo.  Elles seront suivies peu de mois après par une sixième sœur, qui a pris le soin de se former en médecine tropicale. Quelle aventure pour des religieuses cloîtrées habituellement, habituées à une vie de prière et d’oraison ! Dix-huit jours de voyage et  cinq escales en Afrique avant d’atteindre la colline  Saint Benoît à Loango, où commencent bientôt les travaux de leur monastère grâce au soutien des Spiritains, du diocèse et de généreux donateurs. Les cellules des moniales auront vue sur la baie de Loango, afin que leurs oraisons soient portées par l’infini. 

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Le 25 juin 1965, le monastère est béni par l’évêque, et les sœurs peuvent reprendre leur vie ordinaire, enrichie par leur connaissance nouvelle du pays et de ses habitants. Les sœurs françaises apprennent le Vili et le Kikongo, s’adaptent aux crises de paludisme, s’habituent à faire face aux boas qui s’introduisent au poulailler, résistent aux tornades qui détruisent les bâtiments, développent le potager, instruisent,  forment les novices congolaises...toujours dans la joie !  L’espérance, la foi et la charité les guident.

Petit à petit, la communauté s’africanise : la première Visitandine africaine, Françoise -Marie Balekoro, formule ses vœux perpétuels en 1978 après 11 ans passés au sein de la communauté, d’abord comme postulante puis novice. En 1985, la communauté essaime au Congo : il est décidé la fondation d’un nouveau monastère à Loudima. Ce sera Notre-Dame du Niari.

Aujourd’hui, la communauté de Loango est composée de 15 sœurs de 19 à 66 ans, toutes congolaises. 

 

Missionnaires et contemplatifs

En 1964, des sœurs de la congrégation du Saint Esprit sont donc déjà présentes à Pointe Noire. Les frères et sœurs Spiritains sont des missionnaires actifs, dévoués aux plus pauvres.

Quant à elles, les religieuses de la Visitation Sainte Marie, appelées aussi « Visitandines », sont des contemplatives. Cela ne veut pas dire qu’elles sont coupées du reste du monde, bien au contraire !

- Elles prient activement pour le monde, l’Eglise et les vocations. Leur objectif est de « fournir des munitions spirituelles »  aux missionnaires actifs. Elles veillent à demeurer en union de prière avec d’autres monastères, comme celui de Paray le Monial en France.

- Elles se laissent visiter et témoignent de l’Amour du Christ pour chacun : accueil des personnes en retraite spirituelle, soin des malades ou des nouveau-nés qui affluent au petit dispensaire,  éducation féminine (couture..), ventes sociales diverses pour améliorer le quotidien des populations locales (bourse aux vêtements, aux poules..), actions caritatives organisées avec  l’association ASPIA.

 

Accueil des pèlerins

Le monastère est un lieu de retraite. Groupes de catéchistes, groupes paroissiaux, groupes de fonctionnaires ou d’employés viennent se ressourcer au calme, dans la verdure et loin des agitations de la ville. 

Des religieux comme des laïcs viennent ainsi partager la vie des moniales pour quelques jours ou quelques semaines, et retrouver des forces physiques et spirituelles dans le calme de Loango et la paix de la communauté.

 

Que font les Visitandines à Loango ?

Les sœurs respectent les trois vœux des religieux consacrés pour vivre à l’image du Christ pendant sa vie sur terre ; à savoir les exigences de pauvreté, chasteté et obéissance. Cloîtrées, elles ne reçoivent les visiteurs qu’à heures fixes.  Chacune occupe un emploi au service de la communauté (lingère, infirmière, cuisinière, hôtelière..), en utilisant aux mieux ses talents. Elles travaillent en silence, concentrées sur leurs tâches qui font aussi partie de leur vie de prière, sauf pendant les deux récréations quotidiennes.

Une vie de prière..

Les sœurs suivent la liturgie des heures ; cinq prières en communauté rythment leurs journées. De plus, elles ont aussi un temps de prière personnelle, ou oraison, et un temps de lecture spirituelle, et des temps d’adoration.

                       d’amour..

Les sœurs veillent  à exercer la charité auprès des populations locales. Elles tiennent un petit dispensaire, très sollicité par les villageois. Un médecin bénévole les a longtemps  aidées dans cette tâche mais elles sont seules maintenant avec des moyens réduits.

Elles ont aussi fondé une association avec des bénévoles laïcs, ASPIA (association sœur Marie Pia, du nom d’une des fondatrices) pour organiser leurs œuvres locales, orientées vers les plus pauvres.

                                ….et de travail

Pour vivre, les sœurs tiennent un potager, un poulailler, et vendent le produit de leur travail et d’autres objets monastiques. Œufs, Yaourts, madeleines, biscuits, délicieux jus de fruits frais, lapins, viande de porc, fourrures sont en vente à la petite boutique du monastère.

Les sœurs suivent aussi des cours (par correspondance) pour développer leurs compétences.

 

Les projets

Les sœurs ont en projet la construction d’un nouveau bâtiment d’accueil, plus moderne, pour les pèlerins. Des groupes scouts seraient les bienvenus s’il s’en trouvait de volontaires.

ASPIA : C’est l’œuvre de charité des sœurs de Loango : visite des populations pauvres, distribution de fournitures scolaires ou de présents à Noël, microcrédit.  Elle fonctionne grâce à l’engagement et aux cotisations des membres, particuliers ou entreprises.

 

Contact :

Pour passer sur place : Mère Marguerite-Marie. 

Horaires : 9h-11h ou 15h-17h.

Tel : 06 631 1847 

Email :  visitation-saintemarie@yahoo.fr    

 

Sources : Françoise- Marie Balekoro, La Visitation Sainte –Marie au Congo-Brazzaville 1964-2010, Inculturation de la vie contemplative en Afrique, 2012, Karthala, collection Mémoire d’Eglises,.

http://www.la-visitation.org/l-ordre-de-la-visitation/vie-quotidienne

http://www.spiritains.org/

http://spiritains.forums.free.fr/defunts/fauretjbmgr.htm

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