statuette-tekeLe Congo, de par sa diversité géographique et la présence de nombreuses ethnies et jadis de diverses structures politiques (Empire Kongo, royaume de Loango, royaume Teke, chefferies du Nord) a doté le pays actuel d'une grande diversité de cultures traditionnelles et d'autant d'expressions artistiques anciennes telles que : les fétiches à clous Vili, les statuettes bembés si expressives, les masques énigmatiques des Punu et des Kwele, les reliquaires Kota, les fétiches Téké...



La sculpture et le masque

muzuri-bembemasque-kongoTraditionnellement, le masque est toujours l’objet d’une danse tandis que la statuette est conçue pour le culte et la magie.

  • Les Tékés produisent des statuettes rituelles en bois destinées au culte des génies et des ancêtres ainsi que des masques ronds ornés de figures géométriques. Il faut savoir que si la statuette peut être sculptée par n’importe quel sculpteur dans la société téké, elle n’a aucun pouvoir magico-religieux tant qu’un initié ne le lui a pas conféré.
  • Les statuettes-reliquaires des Vili sont proches de  la statuaire des Punus du Gabon, avec des visages peints en blanc assez énigmatiques. 
  • Les Babembés sont spécialisés dans la sculpture miniature. 

Les traits de visage, les couleurs et les formes d’un masque ne sont pas le fruit du hasard. En général, le masque est fait pour impressionner et inspirer la  crainte. Il est représentatif de l’ethnie qui le porte et de la danse qu’il accompagne (funérailles, mariages).

statue-guerrierD’une sculpture de rites à une sculpture artistique

Dans les années 1930, au village Kingoma, dans la banlieue nord de Brazzaville, un certain Mayola, sculpteur talentueux attire l'attention des Européens. L'artiste traduit déjà dans ses œuvres la rencontre de l'imaginaire avec le bois; dépassant, précocement d'ailleurs, l'éternelle reproduction du réalisme ou de la vie concrète. Pour Mayola, reproduire des coqs, des pipes traditionnelles, sculpter des bustes et autres masques tékés est un jeu d'enfants.
Vers les années 1940, il laisse ce jeu à ses neveux Grégoire Massengo et Benoît Konongo qu'il initia à la sculpture. Mayola quitta le village Kingoma, traversa le fleuve Congo pour s'installer à Léopoldville (actuelle Kinshasa) où la clientèle était plus nombreuse. Après le départ de leur maître et oncle, Grégoire Massengo et Benoît Konongo continuèrent le travail dans le même atelier. Massengo élabore le système de représentation en bas-relief, avec des essences de bois léger, facile à tailler et à colorer. Un mélange de charbon de bois et d'huile de palme donnait un noir idéal quand le bois d'ébène venait à manquer.

Les peintures

peintureOn ne peut pas parler de peinture sans citer la fameuse école de Poto-Poto, du nom d'un des quartiers populaires de Brazzaville. 
Sorte de basilique pyramidale en brique et tôle ondulée, l’école de Poto Poto se situe dans le quartier populaire de Poto-Poto, au 105 rue Mayama (rond-point de Moungali). 

ecole-de-poto-potoCette école créée en 1951 par le peintre français Pierre Lods a gagné en réputation en inventant "Les Miké ou Mickeys", un style de peinture particulier qui signifie en lingala « petit ». C’est en effet ainsi qu’a été baptisé le premier style dominant de l’école qui a été très à la mode entre 1950 et 1954. Le poète Jean-Baptiste Tati Loutard a expliqué le style « Mickeys » de la manière suivante : « Ce style se caractérise par des formes schématisées, rudimentaires. Les formes sont réduites à l’essentiel et rendues expressives par la fantaisie des mouvements, d’où le nom de « Mickeys », par référence aux dessins animés du cinéaste américain Walt Disney. Ce sont en général de petits tableaux qui exaltent la vie africaine traditionnelle, à travers les scènes de chasse, de pêche, de marché, de guerre, de danse ».

ecole-de-poto-poto2A la fin des années 50, Nicolas Ondongo (Serviteur de P. Lods devenu directeur de l’école jusqu’en 1990) oriente le style « Miké » vers une amplification stylistique et chromatique. Il élargit les thèmes aux paysages quotidiens africains : scènes de chasse, marchés, animaux de la savane, animaux de la grande forêt équatoriale. La couleur occupe une place dominante dans les compositions. Bleu, vermillon, jaune, vert, blanc, cernes noires rythment les espaces peints. Chaque corps figuré est en soi un tableau dans le tableau. 

goteneSortiront de cette école des grands noms de la peinture congolaise, tels Zigoma, Ouassa, Iloki, Ondongo et le célèbre Gotène, dont le coup de pinceau est tout à fait original. Suivront ensuite les jeunes Trigo Piula, Ouaboulet, Mongo, Makani et d'autres comme Bill Kouélany et François Paris. 

Aujourd’hui les artistes oscillent entre tradition africaine et modernité universelle. De plus, l’école se féminise avec une nouvelle génération d'artistes comme Aurélie Diansayi, Annie Moundzota, Laurentine Ngampika et Vanessa Agnagna. En 2002, l'école a reçu la médaille Picasso de l’UNESCO et les artistes continuent à se produire à travers le monde.  

Les peintures portent toujours le sigle PPP (Peintres de Poto-Poto), véritable label, garantie d’authenticité et de qualité d’un peintre professionnel tandis qu’ « EPP » estampille les tableaux des élèves apprentis. 

Source : Collections arts des congo Michel Aveline; facettes de la Culture Congolaise de Jean Nzoho ; larousse.fr ; Site du centre pompidou ;www.cesbc.org;http://www.excelafrica.com/; www.winne.com;http://mediation.centrepompidou.fr/

 

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