gorges de diossoA la fin du 19ème siècle, alors que la France entreprend des expéditions coloniales dans l’actuelle région congolaise, celle-ci n’est plus composée que des deux anciennes provinces qui formaient naguère l’ancien royaume du Kongo, la province de Loango et la province d'Anzicou qui devinrent respectivement le royaume de Loango (avec pour capitale Diosso) et le royaume Batéké (avec pour capitale Mbey ou Mbé). 

Plongeons-nous dans le royaume Loango à travers les écrits de Benoit Gnaly : 

"Diosso, capitale du royaume des Vilis (qui) se meurt ". A 25 km de l’actuelle Pointe-Noire, là est Diosso, juché aux bords d'une falaise qui porte son nom. 

Capitale traditionnelle du royaume des Vilis, Diosso était et est encore la résidence des monarques qui se succédèrent depuis des temps les plus reculés. A part les grands personnages, une activité remarquable régnait à Diosso. Sitôt que se faisait le petit jour, de braves gens se hâtaient vers leurs occupations les uns à la pêche, les autres à la chasse, à la récolte du vin de palme; d’autres encore exploitaient des salines ou réunissaient leurs efforts pour abattre de gros arbres dont les billes étaient vendues aux nombreuses sociétés commerciales européennes.
"Le petit artisanat florissait. Sous les manguiers hauts, grands et bien ombragés, des ilots d'artisans s'affairaient autour de leurs occupations respectives: tel groupe fabriquait des pioches, tel autre confectionnait des bonbons, plus loin, autour de grandes marmites tournaient des gens qui soufflaient au feu sur lequel bouillait de la mouambe dont on extrayait de l’huile. Sous les houes infatigables de braves femmes, les champs devenaient de splendides plantations vivrières qui couvraient les besoins des habitants. Mais déjà, durant trois siècles, l’esclavage et la traite des Noirs, saignèrent sérieusement en hommes et femmes les royaumes Loango et Batéké. "
« Les négriers au royaume de Loango semblaient fort nombreux et actifs. La traite au XVIIIème siècle était entre les mains des Français et des Anglais après avoir été hollandaise au siècle précédent et portugaise avant. Mais ces étrangers n'avaient pas de forts et c’était le roi de Loango qui dirigeait lui-même les opérations. Les habitants du pays Vili avaient organisé les Caravanes pour la traite à longue distance dès avant 1600 .. » (1)

punta negraCette traite était un des piliers du commerce triangulaire qui consistait pour les Européens à aller acheter des esclaves en Afrique contre des produits manufacturés européens pour vendre ensuite ces esclaves dans les Amériques, puis revenir en Europe chargés de sucre, de cacao, de café, et d’autres denrées rares.

Au XIXe siècle, Punta Negra ou Pointe Noire l’emporta sur Loango en raison de la profondeur plus grande à proximité du rivage.


(1) Article de Benoit Gnaly, Liaison, 1953, no 36 trouvé dans la thèse d’Akala Ekondi de 1983 sur le Congo-Brazzaville.

Autre source : Maquet, Kaké, Suret-Canale, H.A.C, Présence Africaine Paris, 1971. / Pour aller plus loin : site du royaumeloango.org/ et blog des historiens du congo / Voir le site de l’Unesco pour comprendre l’importance de Loango (Unesco.org/en/tentativelists/5373)

 

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