lionel b 1par Raspou

Révélé au public par le centre culturel Français du Congo en 2007, Lionnel B, illustrateur et bédéiste, a déjà publié deux ouvrages collaboratifs : les fameuses Chroniques de Brazzaville avec Jussie Nsana et khp205 et La BD conte l'Afrique.

Avec en gestation un 3ème ouvrage sur les périodes troubles du Congo, Lionnel B a exposé en solo du 6 au 13 novembre 2015 à Montpellier, où il réside désormais. Entre les différents festivals sur le 9ème art ou salon du livre, il continue d'écrire de nouveaux scenarii et a en projet l'adaptation d'un roman en BD.

Retour sur le parcours brillant de l'enfant du pays.

Comment devient-on dessinateur de BD au Congo ?

lionel b 2Aucun congolais qui fait de la BD aujourd'hui n'a suivi de formation spéciale dans le 9ème art.

Certains auteurs ou dessinateurs congolais se servent des acquis qu'ils ont eus lors de leur passage à l'école des Beaux-Arts ou de peinture de Poto-poto; d'autres comme moi, se sont mis dans la BD sans aucune base artistique quelconque.

Enfant, j'étais déjà passionné de dessin tout en rêvant de faire carrière dans l'armée. Mes sœurs et moi collectionnons la revue Ngouvou et ne manquions aucune publication.

Finalement je me suis orienté vers les études de Droit, mais ma passion n'ayant pas faibli, c'est sans hésitation que je me suis présenté au concours de dessin que le Centre Culturel de Pointe-Noireinitié en 2007.

Ayant été sélectionné, j'ai pu suivre les ateliers sur la BD animés par Asimba Bathy (auteur de la RDC), ce qui m'a permis d'acquérir quelques techniques et astuces. J'ai d'abord été exposé à l'IFC et réalisé des BD pour l'association Renatura-Congo, puis j'ai été publié à l'international. 

L'institut français a été un tremplin pour ta carrière :

L'Institut français m'a permis de réaliser que, si je persévère et ne perds pas espoir sans cesser de m'appliquer et de m'impliquer dans ce que je fais, il n'est pas exclu qu'on me désigne comme talent. Les ateliers sur la BD et ceux d'écriture m'ont beaucoup aidé dans la rédaction de mes scenarii. Du passionné de dessin que j'étais, l'Institut français a fait de moi un bédéiste amateur puis m'a donné les moyens de devenir auteur de BD professionnel, en 5 ans (2007-2012). Il a éveillé en moi un esprit de prise d'initiatives que j'ai bien assimilé et que j'applique au mieux depuis. J'ai su et pu me faire positivement remarquer. De ce fait, l'IFC m'a soutenu dans mes projets quand j'ai sollicité son aide.

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Et depuis ?

J'ai pu exposer de nombreuses fois au sein de l'Institut français du Congo, avec Ponton BD le collectif de bédéistes dont je suis membre fondateur ; réaliser des affiches de sécurité pour Total E&P Congo ; des BD et illustrations de contes pour l'association Renatura-Congo ; et être présent à la 25ème Heure du Livre du Mans entre autre.

Comment est accueillie la BD au Congo ?

Qu'elle soit comics ou belgo-française, la BD avait un très grand public au Congo jusqu'au début des années 1990. On se la procurait directement chez les libraires. Mais depuis quelques années, il faut dorénavant recourir aux bouquinistes pour s'en procurer, parce que le coût de la vie a explosé et que très peu de Congolais peuvent se permettre encore d'aller s'acheter une BD en librairie. Les mordus peuvent en lire dans les bibliothèques municipales (pour les villes qui en ont) bien que la plus grande sélection ne soit disponible qu'aux médiathèques de l'IFC (sises à Brazzaville et Pointe-Noire).

Qu'est ce que tu ambitionnes pour la BD au Congo ?

J'adorerais pouvoir y organiser un festival BD avec l'appui de l'IFC et vulgariser le 9ème art afin de révéler d'autres auteurs, dessinateurs ou scénaristes. Il y a du potentiel artistique insoupçonné à révéler au Congo et je compte bien partager ce que j'ai appris avec qui le voudra.

 

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